Il Coro Piccolo

Choeur & Orchestre en région nantaise

Novembre 2017 : Grands Motets Lorrains pour Louis XIV de Henry Desmarest

Après des débuts prometteurs comme ordinaire de la musique du roi, Desmarest demande à Louis XIV la permission de voyager en Italie pour parfaire ses connaissances, mais Lully objecte auprès du monarque que le jeune homme risque là-bas de dévoyer son art : la musique est alors un sujet fort sérieux à la cour, et les compositeurs français, Lully en tête (et plus tard Jean-Philippe Rameau), s'opposent fermement à la prédominance du style italien en Europe, soutenus par le roi lui-même, qui utilise l'art en général et la musique en particulier comme instrument politique du rayonnement de la France en Europe et dans le monde. La tradition française se démarque sur de nombreux points, et le grand motet en particulier s'affirme comme un des éléments du gallicanisme, et plus généralement d'une identité nationale artistique et culturelle française spécifique : il est donc interdit à Desmarest de se rendre en Italie.

En 1697, après un première union de courte durée, Desmarest échange une promesse de mariage avec Marie-Marguerite de Saint-Gobert, la fille du médecin de Gaston d'Orléans (oncle de Louis XIV). Le sieur de Saint-Gobert n'entend pas la chose de cette oreille, et interdit ce mariage. Malgré cela, un an plus tard, Marie-Marguerite, alors âgée de 20 ans, donne naissance à un enfant : furieux, son père intente contre Desmarest un procès pour séduction et rapt. Pour échapper à la justice, Desmarest s'enfuit avec sa toute jeune famille à Bruxelles : il est condamné par contumace en 1700, et son effigie est pendue en place de Grève !

Malgré un parcours erratique et des nombreuses pérégrinations à travers l'Europe, Desmarest conserve de nombreuses amitiés au sein de la cour française : sa situation suscite à la fois de la pitié et de l'admiration. C'est ainsi qu'en avril 1707, par l'entremise d'un ami, il obtient un brevet de surintendant de la musique à Nancy, au sein de la cour du duc Léopold Ier de Lorraine. L'année suivante, le sieur de Saint-Gobert meurt, et Desmarest envoie plusieurs motets à ses amis, à la cour de Louis XIV. Le souverain est mélomane, et bien que reconnaissant l'immense talent du compositeur, il reste cependant inflexible quant à un retour en grâce de Desmarest.

Mais à toute chose malheur est bon : la vie compliquée de Desmarest lui permit de voyager et de croiser de nombreux musiciens et compositeurs, ce que précisément Lully lui avait interdit en intervenant auprès de Louis XIV. En Espagne notamment, il prit goût à l'utilisation de certaines harmonies retorses et très inhabituelles dans la musique française. Il excella également dans la construction de contrepoints extrêmement sophistiqués, incluant des doubles chœurs, et des doubles et triples fugues de dimensions hors normes, rendant fort périlleuse l'exécution de ces œuvres.

Les Grands Motets Lorrains, composés à partir de 1707 à la cour du Duc Léopold Ier, révèlent toutes les facettes du compositeur fameux que fut Desmarest. Il est enfin difficile de n'y pas voir une supplique adressée au roi de France, au travers des plus fameux artistes de la cour, amis de Desmarest, pour un retour en grâce : les psaumes choisis pour ces grands motets évoquent en effet tous la confusion, la tourmente, l'agitation ou le désarroi : le psaume 6, notamment, « Domine, ne in furore », se traduit par « Seigneur, ne me châtiez point dans votre colère ; donnez à votre bonté le temps de modérer votre vengeance ». L'appel à la clémence de Louis XIV est des plus explicites, et la musique de Desmarest souligne le texte avec une force dramatique considérable.

3 concerts :

  • Vendredi 17 novembre : en cours de programmation - 21h
  • Samedi 18 novembre : église de Thouaré sur Loire - 20h30
  • Dimanche 19 novembre : en cours de programmation - 17h

Le concert du 18 novembre sera au profit de l'association Frères des Hommes.

Tarifs : 12€ / 6€ / Gratuit -12 ans. Pas de réservation, billetterie sur place.

Avril 2018 : Joshua, oratorio en 3 actes de Georges Frédéric Haendel

Né en Allemagne en 1685 (la même année que Bach et Scarlatti), Haendel n'est pas issu d'une famille de musiciens : il est le fils d'un notable de la ville, le chirurgien-barbier des électeurs de Brandebourg. En 1703, et après deux voyages initiatiques à Berlin, il s'installe à Hambourg, le cœur musical de l'Allemagne. Il se lie d'amitié avec le compositeur Johann Mattheson, avec lequel il forme un binôme des plus singuliers : Mattheson offre sa dramaturgie et sa passion musicale, et Haendel offre en retour sa maîtrise du contrepoint et son génie instrumental. Il écrit ses premiers opéras, sans doute un peu brouillons encore, mais avec lesquels il remporte un franc succès.

En 1706, il part pour Rome, où son talent lui ouvre les portes du grand monde de la cité papale. Il rencontre les compositeurs italiens de son temps : Corelli, Caldara, Scarlatti père et fils. Domenico Scarlatti, en particulier, qui a le même âge que lui et est réputé comme un claveciniste extraordinaire, reconnaît lui-même qu'Haendel le surpasse ! C'est à Rome qu'il écrit ses premiers chefs-d'œuvre de musique sacrée, puis, à Naples et à Venise, qu'il compose plusieurs opéras qui connaissent d'immenses succès. Haendel devient pour les italiens le caro Sassone, le « cher Saxon ».

Il quitte l'Italie en 1710 avec un prestige international, un carnet mondain bien rempli, puis part pour Londres en 1712 où il se fixe définitivement. Il y fonde une Académie royale de musique, qui lui permet d'organiser de nombreux opéras, et lui assure une fortune considérable. Créateur insatiable, Haendel écrit de très nombreux oratorios (dont il devient et demeure le maître incontesté), des cantates par centaines, de la musique de chambre, des odes, des concertos, des symphonies, des musiques de scène, ou encore d'innombrables pièces pour clavecin.

Haendel meurt en 1759, au sommet de sa gloire et de sa fortune, en laissant derrière lui 43 opéras, 30 oratorios, et des centaines d'heures de musique de toutes les formes et toutes les langues. Celui dont Beethoven disait, en brandissant ses œuvres complètes « Voici la vérité » demeure par la suite un maître pour Haydn, Mozart, Schumann, ou encore Liszt. Il fut l'un des rares compositeurs baroques à ne pas tomber dans l'oubli pour un moment, et sa musique resta jouée dans toute l'Europe après sa mort. Beethoven, qui l'admirait au-delà de tous, dit de lui : « C'est le plus grand compositeur qui ait jamais existé ; je voudrais m'agenouiller sur sa tombe ».

Composé en 1747, alors qu'Haendel a déjà une carrière et une renommée bien établies, l'oratorio Joshua retrace l'histoire biblique du chef des Enfants d'Israël et successeur de Moïse. Cet épisode épique de l'ancient testament suit les Israélites depuis leur passage du Jourdain jusqu'au pays de Caanan, avec de nombreux épisodes guerriers dont notamment la célèbre bataille de Jéricho. L'on y suit également une histoire d'amour fictive entre Achsah, fille de Caleb, et Othniel, un jeune soldat qui devra prouver sa vertu au combat.

Le rôle du chœur est prééminent dans cette œuvre, et l'orchestration riche atteste de la situation financière confortable d'Haendel à la fin de sa carrière. Quelques unes des pièces de cet oratorio connurent un succès immense à l'époque, à tel point qu'Haendel réutilisa certains chœurs pour d'autres de ses œuvres.

5 concerts :

  • Vendredi 6 avril : en cours de programmation - 21h
  • Samedi 7 avril : en cours de programmation - 20h30
  • Dimanche 8 avril : en cours de programmation - 17h
  • Samedi 14 avril : en cours de programmation - 20h30
  • Dimanche 15 avril : en cours de programmation - 17h

Tarifs : 12€ / 6€ / Gratuit -12 ans. Pas de réservation, billetterie sur place.